Pollution : surf interdit à Anglet et aux alentours

Les stations d’épuration débordent dans l’océan suite au nombreuses pluies du mois de mai. Un arrété municipal interdit donc la baignade.

Voir ci dessous l’article du journal Sud Ouest :

Cela devait arriver. La mer, qu’on voit danser le long des golfes clairs, n’a aucun reflet d’argent. Néanmoins, ses reflets sont changeants : tantôt irisés, tantôt dorés, ou de couleur bleu plastique et présentant cinquante nuances d’un gris… boîte de conserve. Au ssi, la municipalité d’Anglet a réagi en interdisant la baignade et toute activité nautique sur l’ensemble de ses plages. Hier, des prélèvements réalisés par la Lyonnaise des eaux l’ont incitée à prendre ces « mesures temporaires pour éviter tout risque sanitaire sur lesdites plages ». Ce n’est pas la première fois.

Cet arrêté a pris effet hier et durera « jusqu’à constatation de l’absence de risques sanitaires ». Autrement dit, les surfeurs ont tout intérêt à rester au chaud… À moins qu’ils ne souhaitent braver les autorités et attraper une gastro-entérite. Car l’Adour, polluée par les fortes précipitations, a transformé les 4,5 km de plages angloys en poubelle. Si les étendues sablonneuses semblent moins touchées au Nord du fleuve, ce n’est pas le cas au Sud de l’embouchure, où les premières plages sont angloyes, de la Barre au VVF, en passant par la Madrague.

« Cet arrêté est bien respecté, constate Alain Bacalao Cassiede, de l’Anglet surf club. Toutefois, au regard de la météo, je ne crois pas que l’on aurait davantage de monde à l’eau s’il n’existait pas. Le temps est pourri et l’océan n’est pas surfable. » L’homme, également surfmaster d’Anglet surf info, a néanmoins aperçu des pratiquants de kite surf. « La météo leur convient davantage qu’aux surfeurs, même s’ils ne sont pas restés longtemps à l’eau », précise-t-il.

Réseaux sociaux

Lundi, vers 18 heures, Alain Bacalao a pris connaissance de l’arrêté. « La police municipale nous l’a apporté, raconte-t-il. Heureusement, d’ailleurs, car ce matin (hier, NDLR), nous n’avions pas encore reçu de mail de la mairie. Ils ont peut-être placardé l’arrêté sur des poteaux de plage, mais hélas, on ne fait pas toujours attention à ce genre d’affichage. J’ai donc choisi de scanner le document et de le diffuser sur les réseaux sociaux, pour que le public soit au courant. Sur ce coup-là, le temps pourri a quand même sauvé la mairie. »

La mairie, elle, reste droite dans ses bottes en caoutchouc : « Cela arrive régulièrement en cas d’abats d’eaux conséquents. Et quand nous prenons ce genre de décisions, nous tâchons de bien la diffuser. »

De son côté, l’Anglet surf club a préféré annuler ses cours. Une décision qui aurait été prise avec ou sans arrêté, compte tenu de l’humidité ambiante. « L’océan a une couleur bien jaune, remarque le surfmaster. En cas d’épisode fort pluvieux, c’est toujours le cas. Mais au final, l’interdiction totale n’est pas si fréquente, même on en a l’habitude, en été, avec les orages les plus violents. Dans cette hypothèse, on se contente d’un drapeau rouge qui reste assez peu de temps en place. Cette fois, c’est assez différent. Car nous sommes en mai. Et il se peut que l’arrêté dure un bon moment si l’on se fie aux prévisions. »

Les locaux immunisés

Une donnée que doivent intégrer les touristes, d’après Alain Bacalao. Et le surfeur parle d’expérience : « Les gens les moins habitués peuvent attraper des otites externes ou avoir des problèmes cutanés. Et des gastros sont possibles. Les locaux, eux, sont en quelque sorte ‘‘ nitratisés’’. À force de surfer ici, dans des eaux habituellement polluées et autorisées, ils ne tombent jamais malades. »

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