Le surf au Canada…Photos et Récit :

« Tout a commencé par un coup de téléphone de mon ami George qui vit et surfe au Canada sur le Lac Erié. « Surfs up Sunday my friend, I’m doing the contest, come on and bring everybody !! »

Nous sommes au mois de Janvier et il est fait « très chaud » pour la saison. En effet, la glace n’a pas recouvert Erié qui est moins profond que le lac Ontario. Normalement à cette période il fait très très froid et le lac Erié gèle complètement. De son coté, Le lac Ontario, beaucoup plus profond, gèle suffisamment pour nous empêcher de jouir des beaux swells d’hiver.

Je vis à Rochester, New York. Nous sommes entre deux lacs et à moins de deux heures de la frontière du Canada. Cette proximité des deux lacs nous donnent plusieurs conditions pour surfer avec des vents différents. En effet, pour cette partie du lac Erié, les vents d’ouest créent de superbes vagues alors les vents du nord apportent des conditions plus propices au surf. Inutile de rappeler que les lacs sont surfables et que le vent crée des conditions parfois incroyables à des milliers de kilomètres des océans !

Il est très compliqué de prévoir des conditions à l’avance et ainsi préparer une compétition sur les lacs, car les vagues forment et disparaissent très vite, parfois en quelques heures. Mon ami connait très bien ce spot et il prédit un dimanche parfait. Dans les grand lacs, le surf est si différent qu’une compétition est surtout le moyen de se retrouver et célébrer une belle journée dans des vagues fraiches sans sel.

Je commence à prévenir tout le monde à Rochester et de son côté mon ami regroupe son équipe locale. Toronto, la grande ville au Canada, a aussi ses surfeurs avides et ces derniers feront la route pour cette deuxième partie de ce battle of lake Erié. Un mois auparavant, j’avais remporté la première compétition au même endroit dans des vagues très sympa (1m50). Tout le monde est motivé.

Me voilà dimanche matin avec ma voiture remplie de planches et de combinaisons (…). Le vent souffle déjà très fort ici à Rochester, c’est un bon signe. Il fait nuit noire, il n’est que 5 heures du matin (…). Nous avons rendez-vous à 8 heures et je veux arriver en avance pour observer les conditions et prendre un bon café !

J’arrive à Buffalo au bord du lac Erié, prêt à passer le pont qui me permettra de me rendre au Canada. Le vent est très violent et la neige tombe de plus en plus. La visibilité s’aggrave de minute en minute et je commence à me demander si ce n’est pas de la folie. Je suis au milieu dans la tempête et les gens roulent très doucement. J’essaie de rester calme et mon seul souci est d’arriver à temps, de voir les vagues et surtout mes amis.

Que se passera-t-il si la compèt est annulée?! Que se passera-t-il si on voit rien? Que se passera-t-il si peu de monde vient? (…) Le jour va se lever et le temps peut changer rapidement. (…)

J’arrive enfin à la frontière et je montre ma carte verte et passeport à l’officier de la douane. Ce dernier me demande ce que je vais faire au Canada et ce que j’ai dans la voiture. Je lui répond que je vais surfer et que j’ai quatre planches dans la voiture. À ce moment là il y’a 5 cm de neige sur la route et le vent est violent. Il fait très très froid (- 5°C). Me voilà au Canada et il fait toujours nuit mais je me sens bien et prêt. La route est verglacée et je suis en retard. La dernière demie-heure est très longue. La route est toute blanche. A mon arrivée, le soleil se leve et le lac m’offre son plus beau sourire. Des vagues d’1m50 déferlent proprement à ce premier spot  (spot de repli). Si ça casse ici, c’est deux fois plus gros à notre lieu de rendez-vous…

Mes amis sont déjà là. Les vagues sont énormes et trop grosses pour la compétition. Elles cassent de partout, les courants sont très dangereux. La décision est prise de retourner au spot de repli pour faire la compétition.

Nous passons une très bonne journée avec des vagues qui dureront tout le long de la compétition. Le soleil a même fait une apparition. Nous étions nombreux et il y avait une bonne ambiance. Le froid ne nous a pas empêcher de sourire. Nos combinaisons de 6,5mm et nos gants et cagoules de 7mm étaient recouverts de glace. J’ai fini en finale avec un mauvais choix de vagues mais je termine troisième malgré tout ! J’ai décidé de porter le maillot de Zinédine Zidane pour surfer. Après des heures de surf, nous étions frigorifiés et très fatigués mais quel bonheur !!

Mon seul rêve était un petit expresso et un canelé ou encore un verre de vin !!! 🙂

Le surf des grand lacs est une expérience incroyable. Quand les géants se réveillent, nous prenons notre courage à deux mains pour braver les dragons du froid.

 Aloha,

Aurélien Bouche-Pillon

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